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Lecapitaine Wiles est persuadé qu'il a tué l'homme avec un tir égaré de son fusil en chassant, jusqu'à ce qu'il soit démontré qu'il a effectivement tiré sur un lapin. Jennifer Rogers, l'épouse de Harry, croit qu'elle a tué Harry parce qu'elle l'a frappé violemment avec une bouteille de lait. Mlle Gravely est certaine que l'homme est CdiscountMaison - Découvrez notre offre Affiche du film de Hitchcock L'Inconnu du Nord-Express (69 x 102 cm). Livraison gratuite à partir de 25€* | Paiement sécurisé | 4x possible | Retour simple et rapide Votre navigateur internet n’est plus supporté par notre site. Afin de bénéficier d’une navigation optimale, merci de mettre à jour votre navigateur. Lesmeilleures offres pour L'INCONNU DU NORD EXPRESS / Affiche Cinéma 1951 Original French Movie Poster sont sur eBay Comparez les prix et les spécificités des produits neufs et d'occasion Pleins d'articles en livraison gratuite! 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L'Inconnu du Nord-Express News Bandes-annonces Casting Critiques spectateurs Critiques presse VOD Blu-Ray, DVD Photos Musique Secrets de tournage Récompenses Films similaires note moyenne 4,0 3568 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné Votre avis sur L'Inconnu du Nord-Express ? 162 critiques spectateurs 5 36 critiques 4 74 critiques 3 43 critiques 2 6 critiques 1 2 critiques 0 1 critique Trier par Critiques les plus utiles Critiques les plus récentes Par les membres ayant fait le plus de critiques Par les membres ayant le plus d'abonnés Un excellent polar hitchcockien sur les thèmes assez classiques de la machination et du meurtre parfait. Une réalisation angoissante, au suspense impeccable, où le rythme ne faiblit jamais. Le personnage de Bruno fait vraiment froid dans le dos. Adapté du roman de Patricia Highsmith, il sagit d’un film brillant à tous les niveaux. Alfred Hitchcock nous émerveille encore une fois ! Alors que Guy, un champion de tennis, vit un mariage tourmenté, il va rencontrer un inconnu dans un train qui va lui proposer un marché assez spécial où chacun tuera une personne gênante dans l'entourage de l'autre... Pensant avoir affaire à un fou, Guy quitte le train puis finit par oublier... Jusqu'à ce que...Pendant longtemps Strangers on a Train a été une de mes œuvres favorites du maître du suspense et cette nouvelle vision n'y change pas grand-chose. En ce début des années 1950, Hitchcock commence alors la période la plus prolifique de sa carrière, qui le verra enchaîner les succès critiques et commerciaux jusqu'au milieu des années 1960. Ici il adapte le roman de Patricia Highsmith et nous met dès les premières secondes dans le feu de l'action pour ne plus jamais lâcher ce joueur de tennis qui va se retrouver dans de bien mauvaises postures...Hitchcock maîtrise ici son art à la perfection, le maître du suspense justifie son surnom et met en place une intrigue aussi bien ficelée qu'écrite tout comme les dialogues et passionnante. Il nous donne l'impression d'être au côté de Guy et de se retrouver dans les mêmes péripéties, nous faisant ressentir la peur et l'urgence qui prédominent dans sa situation. Il met en place une atmosphère adéquate, angoissante et ambiguë où il mettra en avant une tension constante qui sera à son apogée à de nombreuses reprises, telle la dernière partie et le brillant montage alterné entre le match de tennis et la fête maître du suspense met en place un vrai jeu de fascination autour des enjeux et surtout des deux protagonistes, sans pour autant négliger les seconds rôles tous très bien interprétés d'ailleurs, mention spéciale à Farley Granger et à un Robert Walker faisant froid dans le dos. Tout semble toucher à la perfection dans Strangers on a Train, la construction du récit est remarquable, tout comme l'utilisation des lieux, notamment le train, et des plans comme Hitchcock semble en avoir le secret à l'image de celui des lunettes, aussi mémorable que le verre de lait dans petit bijou de la part du maître du suspense, l'une de ses œuvres les plus mémorables où tout semble approcher la perfection, tant dans l'intrigue que la construction du récit ou la mise en scène d'Hitchcock, angoissante et ambiguë à souhait. Une pépite. C'est peu dire que cette histoire de meurtres échangés était faite pour le maître du suspense. L'intrigue est assez passionnante et le film se suit avec un certain plaisir, mêlé à une tension qui ne baisse que rarement. Pourtant, si Hitchcock met en oeuvre un bon nombre de mécanismes de suspense, on a de la peine à croire que le héros soit véritablement en danger. L'erreur du film est surtout de dévoiler un "méchant" finalement pas si sûr de lui, déstabilisé à l'idée de se voir projeter le visage de sa victime sur celui d'une femme faisant partie de l'entourage du héros. Pour le coup, ce thème d'une identité qui devient trouble, cher au cinéaste britannique, rend le film à la fois pus incertain et plus palpitant; malheureusement, cette idée n'est pas réellement approfondie mais demeure seulement un rouage scénaristique destiné à éclaircir la situation. "L'Inconnu du Nord-Express" est un Hitchcock solide mais loin d'être exceptionnel, à l'image d'un final efficace mais à la limite de la surenchère, au montage ambitieux mais parfois approximatif. Un Hitchcock toujours d’une belle efficacité. Simple, intelligent, efficace et parfois spectaculaire, un bon casting est à mon sens toujours un peu handicapé par Farley Granger. Dans La Corde il se faisait à mon sens clairement volé la vedette par son comparse, et bien ici c’est pareil. Robert Walker, décédé peu après ce film lui vole la vedette, jouant un méchant psychopathe absolument mémorable ! Moins que Dall dans La Corde, mais quand même ! Du coup Granger paraît un peu fade. Le reste du casting, en dehors donc de l’excellent Walker est correct, mais un peu tiède. La fille du réalisateur se démarque un peu avec son physique original, mais sinon c’est sans relief scénario est solide. Certes ça manque un peu de suspens par rapport à d’autres films du réalisateur, mais c’est rondement mené. Une histoire simple et prenante, des situations savoureuses, quelques séquences spectaculaires le final, un peu d’humour noir, bref, une recette qui ne manque pas de goût et de saveur. Sûrement pas le film le plus ciselé du réalisateur, mais c’est tout de même de très belle réalisation est soignée, offrant notamment un final mémorable. Le meurtre aussi est plein d’intelligence dans le choix de mise en scène, et dans l’ensemble on sent toujours la réflexion d’Hitchcock qui soigne sa mise en scène, et livre un travail des plus proprets. Pour le reste niveau décors et photographie, tout comme la musique au demeurant c’est un peu simple, on ne sent pas une attention spécifique portée à ces éléments, mais c’est loin d’être mauvais non du Nord-Express est donc une belle petite découverte. Pour moi c’est un peu un Hitchcock dilettante semblant se reposer avec ce film, qu’il rend ludique, malin, mais moins fort en suspens. Plaisant. en particulier car j’ai été un peu déçu de la fadeur de l’acteur principal. Hitchcock à son sommet ! Balayons tout de suite l'argument selon lequel l'argument serait stupide. Il suffit de lire quelques biographies de psychopathes pour réaliser que la réalité dépasse parfois la fiction, et puis nous sommes au cinéma que diable ! Ici ni blablas inutiles ni longue mise en place, on est tout de suite dans le mystère et on reste scotché dans notre fauteuil jusqu'à la fin. La prestation de Robert Walker est époustouflante dommage qu'il n'ait pas survécu au film son personnage ne se dévoile pas tout de suite, d'abord casse-pieds comme on en rencontre parfois, ensuite carrément gênant, puis manipulateur, puis complètement fou. Walker écrase la distribution la distribution de son talent, laissant Farley Granger en retrait, quant à Ruth Roman elle est transparente et surclassée par l'étonnante prestation de Laura Elliott en jeune femme délurée à lunettes. La réalisation est un véritable sans-faute dans tous les domaines cadrages, photos avec deux scènes démontrant un travail de maître c'est le cas de le dire, celle de l'étranglement avec le reflet dans les lunettes et bien sûr celle du manège de chevaux de bois en folie , véritable travail d'orfèvre. Très interessant, attrayant mais surtout un film bourré de rebondissement en noir et blanc qui n'a pas pris une ride bref un film à ne pas oublié dans la filmographie de Hitchcock. Un bijou de Thriller de plus pour le maitre du suspense, juste un ton en dessous des chefs d’œuvre tel que "Les oiseaux", "Psychose" ou encore "Fenêtres sur cours" ! Je ne le classerais pas parmi les chefs d'oeuvre du maitre mais cela reste un thriller tout de même agréable a suivre de part la qualité de ses interprètes et la brillance de sa mise en le postulat de départ a propos de l'échange de meurtres s'avère originale ,le déroulement du scénario se révèle un brin paresseux et n'exploite pas suffisamment la richesse de la prometteuse intrigue ,heureusement Sir Alfred nous trousse quelques scènes dont il a le secret afin de maintenir une tension bande son y contribue également mais c'est surtout le jeu de comédiens inspirés qui permet de donner corps a toute cette diabolique histoire de a un Granger un peu fade ,le méconnu Walker se montre a son avantage dans la peau de l'inquiétant Bruno ,gestes ,intonations ... il incarne avec brio cet homme d'apparence discrète mais a la folie intérieure bien réelle ,une sorte de Nathan Bates avant l'heure. La curiosité préalablement titillée par une place dans le top 100 d'IMDB pour ce long-métrage, j'ai pris un énorme plaisir à enfin découvrir cette version de "Strangers on a train" ! Réputé mais étrangement peu diffusé, il n'en demeure pas moins l'un des incontournables de la filmographie d'Alfred Hitchcock. Savamment construit, avec de très longues séquences lorsqu'il le faut, le film captive d'emblée. Ainsi s'ouvre t-il sur une dizaine de minutes de dialogues entre deux inconnus dans un train, nous faisant découvrir la fascinante idée motrice de l'intrigue à venir. Pour ne pas s'être suffisamment méfié de son interlocuteur, la star montante du tennis Guy Haines Farley Granger va se retrouver suspectée de meurtre puis harcelée par ce mystérieux Bruno Antony Robert Walker, auteur d'une prestation anthologique qui éclipserait presque celle de Granger. La tension ira grandissante, accentuée de façon étonnante par un montage astucieux jouant sur la concomitance d'évènements passage du tournoi de Forest Hills. Quant à la séquence finale, elle est effarante. Un monument du Cinéma ! Pas forcément le film qui nous vient en premier à l'esprit quant on pense à Alfred Hitchcock, et pourtant "L'inconnu du Nord-Express" se trouve être une de ses réussites majeures. Le scénario d'après le roman de Patricia Highsmith est parfaitement bien écrit, l'interprétation est géniale surtout en ce qui concerne la prestation de l'énigmatique Robert Walker, la BO de Dimitri Tiomkin est superbe et la réalisation ne manque pas de suspense, de tensions, d'intensité et donc de séquences marquantes. A ce titre, on pourra citer la fameuse et très spectaculaire scène se déroulant sur le manège à la fin du film, un moment particulièrement fort et éprouvant pour les nerfs des téléspectateurs. Un Hitchcock qui s'avère donc vraiment palpitant et que j'ai pris un très grand plaisir à revoir. Alors qu'il entame une nouvelle décennie cinématographique, Alfred Hitchcock s'est depuis rapatrié aux États-Unis et travaille désormais pour la Warner. Il a déjà réalisé des thrillers et des films noirs mais c'est bel et bien avec L'Inconnu du Nord-Express qu'il va clairement exposer son talent de maître du suspense jusqu'à ces consécrations suivantes. Adaptant le roman de Patricia Highsmith, le réalisateur britannique nous livre un thriller inventif où il regroupe des éléments de ses précédents films tels que le chantage, le meurtre, le manque de preuves et la machination... Partant d'un postulat de départ banal, Hitchcock réussit à envouter le spectateur grâce à ce qui a toujours fait la force de ses longs-métrages un scénario solide. Nous faisons donc immédiatement connaissance avec Guy Haines, champion de tennis reconnu qui, lors d'un voyage en train, tombe sur l'excentrique Bruno Antony. Ce dernier, bavard et sans gêne, lui propose de tuer la femme de Guy en échange du meurtre de son propre père. Mais ce qui ne pouvait être qu'une vaste blague devient réalité et le tennisman va tout faire pour se disculper du meurtre tandis que Bruno continue d'être de plus en plus présent dans la vie de Guy. Mise en scène impeccable, suspense intact du début à la fin, séquences de frissons maîtrisées, acteurs brillants Robert Walker est d'un glacial terrifiant, rythme soutenu à la perfection... L'Inconnu du Nord-Express est une réussite qui prouve qu'Alfred Hitchcock est un maître en la matière. On pourra peut-être regretter le manque d'impact lors de certaines scènes angoissantes et le manque de charisme de Farley Granger, pourtant héros du film, mais dans l'ensemble, cette 39e œuvre du génie anglais est d'une efficacité encore aujourd'hui réjouissante. Un classique du thriller des années 50. Comme souvent chez Hitchcock un homme est pris dans une terrible machination, et les apparences sont contre lui. Un bon thriller, qui a conservé son suspense . Si l'on demande à une personne de citer des films d'Hitchcock, il vous sortira Psychose, La Mort aux trousses, Les Oiseaux mais il oubliera L'Inconnu du Nord-Express qui est pourtant un excellent cru du roi du suspense, parmi les meilleurs thrillers de tous les temps, un excellent film interprété de manière savoureuse par ses acteurs en particuliers Robert Walker dans la peau d'un personnage ambigu que l'on ne parvient pas totalement à détester. L'Inconnu du Nord-Express c'est une bonne histoire, un scénario parfaitement mis en scène par Hitchcock apparemment il le considère comme son véritable 1er film et des séquences marquantes toutes les 2 se passant durant la foire ; le meurtre et bien sur le final sur le manège. Du grand art. Un hitchcock un peu moins connu mais tout simplement génial , un scénario incroyablement riche . un film qui n'a pas pris une ride . Encore une fois, on a affaire à un thriller symptomatique du cinéma d'Hitchcock, à l'image d'un Vertigo ou d'un North by Northwest, au potentiel intéressant mais qui finalement ne tient pas ses promesses, loin de le postulat est un peu tiré par les cheveux. Et même en mettant cet aspect de côté, le scénario ne tient pas vraiment la route après un bon démarrage, le film patine et tourne en rond au bout de seulement 45 minutes. Pourtant, les possibilités semblaient nombreuses et on aurait aimé, par exemple, en savoir plus sur le personnage de Bruno, qui reste finalement assez superficiel malgré sa place centrale dans l' plus, là où pour beaucoup d'autres films d'Hitchcock, la forme parvient à compenser le fond, ici même la réalisation, le montage, la bande-originale, peinent à relever le niveau. Certaines scènes sont franchement ridicules à l'image de la scène de l'égout ou de la scène finale du manège. Par ailleurs, la musique est mal utilisée et on se retrouve parfois avec une mélodie joyeuse sur des scènes de tension, comme lors de la confrontation entre Anne et Bruno. Les meilleurs films de tous les temps Meilleurs films Meilleurs films selon la presse Publié le 29 oct. 2021 à 1000Quand Patricia Highsmith est morte, le 4 février 1995, à 74 ans, on a cru qu'elle emportait avec elle son mystère. Rétive à l'autobiographie - ça m'ennuierait radicalement » -, elle avait aussi interdit aux chercheurs tout accès à ses documents personnels. Elle pensait que tous les écrivains rêvaient secrètement de biographies et qu'elle faisait exception D'ailleurs, que trouverait-on pour les remplir ? Je refuse de parler d'amour. Je suis inflexible no personal questions. » Je n'écris pas d'intrigues policières»Il restait donc une oeuvre, non négligeable, sur laquelle on se méprend souvent, la classant au rayon de littérature policière. Patricia Highsmith se plaignait d'être invitée dans des colloques où elle n'avait pas sa place Je n'ai aucun mépris pour le polar, même si les histoires de détectives ou de justiciers ne m'intéressent pas vraiment. J'accepte l'idée d'être rangée parmi les auteurs à 'suspense' mais je n'écris pas d'intrigues policières. »En effet, ses vingt-deux romans - dont cinq ont pour héros Tom Ripley, un meurtrier jamais pris - et ses neuf recueils de nouvelles, jouent sur l'angoisse, le malaise, dans une société où les rapports humains se avouée de Dostoïevski et enfant cachée de FlaubertQuant à son unique essai, L'Art du suspense - 1966, publié en France seulement en 1987 -, ce n'est pas un manuel d'écriture, mais plutôt une leçon de vie, dévoilant une écrivaine - elle aurait détesté ce féminin - rigoureuse et singulière, fille avouée de Dostoïevski, d'Henry James qui, comme elle, a choisi l'Europe, et enfant cachée de Flaubert et de sa passion pour le mot juste ».Alors jusqu'ici, en dépit de trois biographies - non traduites en français et assez discutables - l'énigme restait entière. Saurait-on un jour ce qui avait fait de la jeune femme aux yeux d'un noir profond, séduisante et conquérante, une sexagénaire au visage marqué par l'abus d'alcool, amère, solitaire, d'une misanthropie radicale et très dérangeante ?Plus de 1000 pages de journaux intimes et carnetsMais voilà que l'année de son centenaire - Patricia Highsmith est née le 19 janvier 1921 - arrive un volume de pages de journaux intimes et de carnets - 1941-1995 - qui permet de voir, au plus près, cet étonnant destin, dominé par la passion d'écrire, couronnée de succès, et miné par des amours désastreuses. Ce recueil n'est pas une autobiographie, précise l'éditrice, Anna von Planta. Notre intention, en partageant ces notes, est de permettre au lecteur de découvrir, dans ses propres termes, comment Patricia Highsmith est devenue Patricia Highsmith. »Pour ceux que les ambiguïtés d'Highsmith fascinent, chaque page est essentielle. Ceux qui sont plus distants survoleront peut-être certains passages, mais découvriront que ce livre est aussi une plongée dans les milieux artistiques new-yorkais et français des années 1940 et 1950. Ainsi qu'une réflexion sur l'exil volontaire, et sur la création personnelles de Patricia Highsmith à l'époque de ses études de lettres au Barnard College de New York.©Rene Burri / Magnum PhotosPatricia Highsmith commence son journal en 1941, l'année de ses 20 ans, à New York où elle vit. Dès le 5 mars, elle écrit que le vrai défi » de l'artiste consiste à toujours se distinguer, sur le plan de l'intellect et de la créativité, à maintenir son identité tout en s'intégrant à la société ». Et, le 14 avril, en français Mon appétit a deux facettes avide d'amour, avide de pensée. » Un garçon dans un corps de fille »Tout va très vite dans cette décennie. Elle termine ses études de lettres à Barnard College en 1942, travaille comme illustratrice pour gagner sa vie, et vit la nuit, à Greenwich Village, avec des artistes, des journalistes, dont la photographe Berenice Abbott, la peintre Buffie Johnson, la journaliste Rosalind Constable, et, plus tard la romancière Jane Bowles qui lui fera rencontrer de nombreux écrivains. Presque toutes sont lesbiennes. Un mot que n'emploie pas Highsmith, lui préférant homosexuelle, probablement parce qu'il peut s'entendre au masculin, et que dès l'âge de 12 ans, elle se sentait un garçon dans un corps de fille ». Elle cultive son allure garçonne et enchaîne les amantes, toujours plus âgées qu'elle. Le programme tient en quelques mots Boire énormément ; fumer énormément ; écrire énormément ; aimer en série. » Abolir toute culpabilité concernant mes pulsions »Toutefois pour écrire, il faut s'isoler. C'est pourquoi, en 1948, elle passe plusieurs semaines dans la colonie d'artistes de Yaddo Etat de New York où elle termine ce qui sera son premier livre publié et rencontre un écrivain britannique, Marc Brandel. Un tournant. Avec Marc au lac, pas mal discuté d'homosexualité. Il est fabuleusement tolérant. Il m'a convaincue d'abolir toute culpabilité concernant mes pulsions et sentiments. » La suite montrera qu'il n'a pas réussi et que les déboires amoureux de Patricia Highsmith sont liés à son inconfort avec sa Hitchcock et sa fille Patricia sur le tournage de L'Inconnu du Nord-Express» adapté par Raymond Chandler du livre Stangers on a Train».©Warner Bros/Prod DBLe livre qu'elle termine à Yaddo a pour titre Strangers on a Train, qui deviendra en français L'Inconnu du Nord-Express. Outre son très bon accueil critique, il est acheté par Alfred Hitchcock, ce qui rend Highsmith immédiatement célèbre. Si, comme Simone de Beauvoir, elle s'était sentie douée pour le bonheur », ce succès aurait peut-être annoncé une existence il y avait, outre la question sexuelle, celle du genre - peut-on changer de sexe ? » - , cet attrait pour les sujets morbides », ce constat 20 juin 1949 Pour que je sois satisfaite, il doit y avoir de la violence, donc du drame et du suspense. » Et le sentiment de solitude », absolu. J'honore la solitude austère, fière, intouchable hormis par ce par quoi elle veut être touchée. »L'Europe serait-elle un remède ? Elle y était allée en 1949 et y retourne, pour deux ans, en 1951, l'année de ses 30 ans. Contrairement à la première fois, elle reste longtemps à Paris, se lie avec la flamboyante correspondante du New Yorker, Janet Flanner et sa compagne Natalia Danesi Murray, fréquente le salon de Natalie Barney. De nouveau, elle vit dans un environnement lesbien et artistique, stimulant pour le travail. Sa vie sentimentale est toujours aussi erratique - la liste des amantes serait trop longue -, ses problèmes d'argent récurrents, mais la réussite littéraire est là. Elle écrit six romans entre 1952 et 1960, dont le premier Ripley, The Talented Mr. Ripley Monsieur Ripley en la décennie suivante, celle de sa quarantaine, qui sera un tournant. Non dans son oeuvre - elle publie régulièrement, tous les deux ou trois ans -, mais dans sa vie. En 1962, elle vient de se séparer de Marijane Meaker. Celle-ci racontera leur histoire en 2003 dans Highsmith un amour des années cinquante Ed. Bernard de Fallois. Le 20 juillet, à Londres, elle rencontre Caroline Besterman, une canadienne, mariée, mère d'un enfant. Tout le reste de l'année, le journal et les carnets racontent - enfin - une histoire d' le remède ?Installée en Angleterre, Highsmith sait qu'elle a choisi l'Europe. Comme on pouvait s'y attendre, Caroline Besterman, bien que follement amoureuse, ne quitte pas son mari. Patricia Highsmith ne s'en remettra pas. Elle fuit en France, achète une maison dans un village isolé de Seine-et-Marne, puis dans un autre, ne voit personne, dit ne pas se sentir intégrée ». Dans la décennie 1970, toujours amoureuse de Caroline, elle a cependant quelques liaisons, cette fois avec des jeunes femmes, dont Marion Aboudaram, à laquelle elle dédie l'un de ses plus beaux livres, Le journal d'Edith 1977, où une femme à la vie sinistre s'invente une existence de rêve dans son journal 1988, dans sa maison forteresse» à Tegna Suisse dessinée selon ses instructions.©Rene Burri / Magnum PhotosEn 1980, après des déboires avec le fisc français, Highsmith achète une maison sombre et inconfortable, en Suisse, à Aurigeno, dans le Tessin. Son aigreur, déjà souvent perceptible, ne rend pas les journaux de ces années-là très agréables à lire. Bien qu'elle voyage beaucoup, on la dit recluse et mutique, répondant par monosyllabes aux rares interviews. Pourtant elle aime montrer à ses rares amis, avec une jubilation de petite fille, les plans de sa nouvelle maison suisse, à Tegna, dessinés par l'architecte sur ses indications. Elle y emménage le 13 décembre elle écrit, le 6 octobre 1993, les derniers mots des journaux intimes qui l'occupent depuis plus de cinquante ans […] la mort […] Je préfère être prise par surprise ! […] Alors, la mort est comme la vie, imprévisible. » En refermant cet énorme livre sur les années à Tegna, on se dit que sa dernière maison, née de son imagination, symbolise son existence une forteresse, avec très peu d'ouvertures. Et une vue splendide, au loin, sur les sommets Hopper et Nicholas Ray dans L'Ami américain» 1977, film de Wim Wenders d'après Ripley's Game ».Caterine Milinaire/Sygma via Getty Images En France, presque tous les livres de Patricia Highsmith sont publiés chez Calmann-Lévy et, pour la plupart, repris dans Le Livre de poche ou Pocket. La collection Bouquins » a publié deux volumes d'OEuvres 1991 et 1992 et Dernières nouvelles du crime 1994.Journaux et carnetsDe son vivant, Patricia Highsmith avait interdit toute recherche sur sa vie. Après sa mort, Daniel Keel 1930-2011 son éditeur et exécuteur littéraire, directeur des éditions suisses Diogenes, a révélé qu'elle avait laissé 38 cahiers - tous écrits sur des carnets à spirales de Columbia University - et 18 journaux, sur des supports différents et de taille variable. Environ pages d'écrits cahiers sont tous en anglais. Les journaux sont parfois en d'autres langues, que Highsmith maîtrisait approximativement - français, allemand, italien, espagnol - quand elle voulait être sûre que son amante du moment ne puisse pas lire. Elle avait envisagé de les brûler ou de les léguer au fonds d'archives lesbiennes Herstory de Brooklyn. Mais elle les relisait, les corrigeait, faisait des coupes, des commentaires, ce qui montre qu'elle les considérait comme faisant partie de son Keel a donc décidé qu'il fallait publier ce trésor littéraire ». Il a chargé Anna von Planta, responsable de l'édition des livres de Highsmith chez Diogenes de s'en occuper. C'est chose faite, avec la parution d'un volume de pages, Les Ecrits intimes de Patricia Highsmith. 1941-1995. Journaux et carnets Traduit de l'anglais - Etats-Unis - par Bernard Turle. Calmann-Lévy, 35 euros.Anna von Planta s'explique dans une note éditoriale sur le défi » de faire justice à cet énorme corpus » en le condensant en un seul volume, après en avoir transcrit la totalité. Elle l'a composé en cinq parties, chronologiques, éliminant, surtout dans les journaux de jeunesse, les répétitions, indiscrétions et commérages »et, plus tard, le ressassement dans l'amertume et l'effrayante misanthropie - il en reste assez pour qu'on en ait une idée le fonds est désormais consultable aux Archives littéraires suisses à Berne, et pourra nourrir de nouvelles biographies de Highsmith. Il en existe déjà trois, non traduites en français. Beautiful Shadowdd'Andrew Wilson, 2003 - admirative et empathique- The Talented Miss Highsmith, de Joan Schenkar 2009 - qui balance entre admiration et détestation - et Devils, Lusts and Strange Desires The Life of Patricia Highsmith, de Richard Bradford, sorti en janvier, et que Frances Wilson critique sévèrement dans la New York Review of Books du 4 novembre, le disant uniquement animé par la haine » et totalement imperméable à l'ironie et l'humour de Highsmith ».Patricia Highsmith en quelques dates1921, 19 janvier Naissance de Mary Patricia Plangman à Fort Worth, Texas. Ses parents ont divorcé peu de temps Elle apprend que Stanley Highsmith, le second mari de sa mère, qui lui a donné son nom, n'est pas son père biologique. Elle rencontrera celui-ci plus Etudes de littérature et d'arts plastiques à Barnard College, Columbia University, New York, au terme desquelles elle gagne sa vie comme illustratrice tout en Après un séjour à la colonie d'artistes de Yaddo, elle publie un premier roman, L'Inconnu du Nord-Express. Son adaptation par Hitchcock la rend immédiatement célèbre - et inaugure une longue série d'adaptations de ses romans par de grands cinéastes, de René Clément à Wim Wenders, en passant par Claude Chabrol et d' Premier séjour en Publication de Monsieur Ripley. Il y aura quatre autres Ripley, et, désormais, Patricia Highsmith publiera un roman tous les deux ou trois S'installe définitivement en Europe. Angleterre, puis France en Après des déboires avec le fisc français, elle déménage en Suisse, à Aurigeno, puis à Tegna en 4 février Patricia Highsmith meurt d'un cancer à l'hôpital de Locarno. Dans un vacarme assourdissant, des milliers de colis défilent à toute vitesse sous le halo de lumière rouge d'un énorme scanner, puis empruntent automatiquement des toboggans menant à des "quais" Kharkiv, Kherson, Kramatorsk, Marioupol, Zaporijia... autant de destinations évoquant le fracas des bombes. Certaines rampes de départ sont vides, mais devant la plupart, au coeur de ce gigantesque terminal logistique de la banlieue de Kiev, un camion attend pour partir livrer la marchandise, parfois près de la ligne de front. "Depuis le début de l'invasion russe, il y a six mois, nous nous sentons une immense responsabilité si nous nous arrêtons, tout le pays est paralysé ; et des colis vitaux aide humanitaire, médicaments... ne seront plus acheminés", confie Oleksiy Taranenko, le directeur du développement de Nova Poshta, principal opérateur postal du pays, l'oeil rivé sur des écrans de contrôle indiquant les alertes aériennes une région s'affiche en rouge sur la carte au moment de notre visite, la météo, et les retards de livraison. Chaque journée est un défi. Les premières semaines du conflit ont été éprouvantes. "A Kiev, alors que nous devions livrer de l'eau à un hôpital pour enfants cancéreux, notre camion a été attaqué pendant le trajet, se souvient Oleksiy, polo rouge et épaules de déménageur. Plus au Nord, après la destruction des ponts menant à Tchernihiv, nous devions déposer des kits alimentaires à la rivière, où des bénévoles les chargeaient sur des barques. Et faire d'interminables détours pour éviter les chemins minés..." Aujourd'hui encore, même si la région a été libérée, les sentiers ne sont pas sûrs. "Nous avons dû apprendre à fonctionner par temps de guerre changer instantanément de schéma logistique en cas d'incident, identifier où se trouvent les ressources disponibles...", résume le trentenaire au calme imperturbable. Au début du conflit, il lui a fallu transférer à l'ouest - dans un endroit tenu secret - le personnel et les équipements de terminaux comme ceux de Mykolaïv, Kharkiv ou Tchernihiv ayant survécu aux tirs de roquettes - celui de Marioupol a été pulvérisé. Aujourd'hui, l'entreprise privée, qui a créé une "war room" capable de prendre une décision en quinze minutes dans n'importe quelle urgence, opère partout sauf dans les territoires occupés - son activité s'est réduite de 10 à 20%, le nombre de points de livraison étant passé de 23 500 à 17500. Au nombre des complications, les livreurs endurent de longues files d'attente aux stations-service, et des bombardements, à l'est... "Les employés risquent leur vie, ce sont des héros !", insiste Oleksiy. Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement Malgré les circonstances, l'économie tient bon"La capacité de résilience des entreprises et du gouvernement est tout simplement exceptionnelle", salue Hlib Vyshlinsky, directeur exécutif du Centre pour la stratégie économique, dans ses bureaux de Kiev. Certes, les chiffres globaux sont catastrophiques le PIB pourrait s'effondrer d'environ 35% cette année. Mais c'est en grande partie lié au fait que des pans entiers de l'activité sont physiquement anéantis, ou hors de contrôle en zone occupée. "Plusieurs secteurs sont sinistrés, comme la sidérurgie - dont les deux principales usines se trouvaient à Marioupol, ville martyre du Donbass, rappelle l'économiste. Les agences de voyages et les compagnies aériennes sont bien sûr à l'arrêt ; l'investissement immobilier est au point mort. Et la consommation est très touchée, sauf pour les produits de première nécessité." SERGEI SUPINSKY / AFPPilonnée par l'armée russe et harcelée par des hordes de hackers, l'Ukraine tient bon. Contre toute attente, son économie ne s'est pas effondrée. Sur une grande partie du territoire, les gens vivent presque normalement. L'Internet et le téléphone fonctionnent, tout comme l'électricité ; le système bancaire est opérationnel ; les fonctionnaires touchent leur salaire ; les agriculteurs ont réussi à semer et à moissonner. Quant aux trains, ils ont sauvé le pays, en évacuant des réfugiés, et en livrant des armes et de la nourriture. Fer de lance de la résistance, le secteur high-tech, dont le poids dans l'économie environ 10% aujourd'hui ne cesse de croître, joue un rôle d'amortisseur de la crise. Vitaly Sedler, le patron et cofondateur d'Intellias, qui fait partie du top 10 des sociétés informatiques en Ukraine, incarne cette force tranquille. Tout comme le siège du groupe, dans un quartier arboré de Lviv à l'ouest, avec sa salle de billard, ses espaces de travail façon lounge branché et sa terrasse sur le toit, agrémentée de gazon et chaises longues. Difficile d'imaginer qu'il y a quelques mois, ces lieux confortables et modernes n'abritaient que détresse et malheur. Le PDG, un grand costaud de 45 ans à la voix grave pleine d'autorité, n'est pas du genre à s'épancher sur ses sentiments. Mais il n'oubliera jamais l'instant où son directeur administratif l'a appelé, le 24 février à 5 heures du matin, pour lui annoncer que la guerre avait commencé. Immédiatement, une course infernale contre le temps démarre. "A peine quatre heures plus tard, les premiers bus remplis d'employés partaient de Kharkiv ou Kiev", raconte cet ingénieur informatique. Quelque 1400 salariés et leurs familles sont déplacés sur plusieurs semaines. "Ce fut une opération logistique massive, souffle-t-il. Depuis Kharkiv ou Kiev, avec le chaos et les check-points, il fallait 18 à 24 heures pour rejoindre Lviv. On a installé ici le centre de commandement des équipes organisaient le remplissage des bus, accueillaient les gens et cherchaient des logements." Pendant plusieurs jours, beaucoup ont dormi dans les bureaux, sur des matelas. Malgré les missiles, le grand déménagement, les départs à l'étranger, l'activité reprend très vite. "L'invasion a commencé un jeudi le lundi suivant, on tournait déjà à 85% de nos capacités. Et au bout de dix jours, on approchait des 100%", affirme fièrement l'entrepreneur, qui table sur 30% de croissance pour son groupe cette année contre 70% l'an dernier. Mais Intellias, dont les deux tiers des effectifs travaillent en Ukraine, va devoir accélérer son développement à l'international, reconnaît-il. "Ce qu'on voulait faire en deux ans, on va devoir le faire en six à neuf mois. On ouvre des centres en Pologne, Bulgarie, Croatie, Portugal, Espagne, Colombie, Inde... Ainsi, même en cas de coup dur, nous pourrons tenir nos engagements." L'activité de la tech dans son ensemble - qui progressait de 20 à 25% par an avant la guerre - devrait, quant à elle, légèrement reculer, pronostique celui qui est également à la tête de l'association professionnelle du secteur. "Sans qu'on sache vraiment comment, ils surmontent les obstacles"Les champions du numérique ne sont pas les seuls à faire face. Un gros dossier préoccupait particulièrement les Occidentaux, rappelle Etienne de Poncins, ambassadeur de France à Kiev depuis 2019, dans ses locaux aux allures de Fort Knox "Les Ukrainiens allaient-ils réussir à se déconnecter des réseaux électriques russe et biélorusse, et à se brancher au réseau européen ?" Un premier test de déconnexion était prévu à partir du 21 février ; un autre en juin, pour un raccordement au réseau européen le 1er janvier 2023. Mais les assiégés ont appris à marche forcée. "Quand la guerre est arrivée, on s'est dit que ça allait être la catastrophe. Mais avec l'aide des Européens, ils ont réussi à entièrement basculer en quelques semaines. Un exploit technique, surtout en période de guerre !", salue l'ambassadeur. Il y avait aussi, parmi les observateurs étrangers, de gros doutes sur la capacité du système bancaire et des centrales nucléaires à résister au cyberattaques russes. Là aussi, à tort. "Le mélange d'équipements rustiques mais costauds - les centrales ou les trains datant de l'ère soviétique -, la débrouille, d'excellents ingénieurs et l'esprit de solidarité font qu'à chaque fois, sans qu'on sache vraiment comment, ils surmontent les obstacles", observe le diplomate. L'incroyable courage des Ukrainiens y est aussi pour beaucoup. Tout comme la digitalisation rapide du pays l'utilisation du téléphone pour payer les achats est par exemple beaucoup plus développée qu'en France. A cela, s'ajoute un facteur plus inattendu. "En réalité, l'Ukraine peut remercier l'épidémie de Covid-19, sans laquelle l'Etat et les sociétés auraient bien plus de problèmes aujourd'hui, signale Hlib Vyshlinsky, l'économiste. Beaucoup d'entités ont migré leurs données sur des serveurs 'cloud' ; le travail à distance s'est généralisé ; quantité de procédures ont été numérisées." En luttant sur le front économique, les entreprises savent qu'elles soutiennent leur pays. Nombre d'entre elles aident aussi directement l'armée. Avec l'idée que si l'Ukraine perd la guerre, plus rien ne sera possible. Nova Poshta reverse, entre autres initiatives,10 hryvnias 27 centimes d'euros à chaque transaction, et transporte gratuitement les colis de près de 200 associations humanitaires. Tout en continuant à verser leurs salaires aux 2400 employés mobilisés par l'armée. L'incertitude de la guerreCertains entrepreneurs ont carrément changé de métier pour participer à l'effort de guerre. Avant le conflit, Veronika Kobzistaja, qui avait fui le Donbass dès 2014 pour s'installer à Kiev, dirigeait sa propre agence de communication. Mais au printemps dernier, après avoir aidé les réfugiés dans le métro de la capitale, cette rousse menue de 28 ans se lance dans la production de chaussures et de vêtements pour l'armée - qui manque désespérément d'équipements de qualité. Elle s'associe à un fabricant de chaussures pour femmes qui a reconverti ses ateliers, dans la banlieue de Kiev tout près, à l'époque, de la zone occupée. "On a fabriqué les premières et demandé à des soldats de les tester. On a écouté leurs remarques pour améliorer nos produits la semelle doit être résistante et souple, et l'avant très rigide", décrit la jeune femme, qui ambitionne de vendre 500 paires par mois. Mais tous les combattants de l'économie doivent s'accommoder d'un sentiment usant l'incertitude. Artem Gusiev, le jeune patron de Reef, une PME qui importe du matériel pour points de vente scanners de code-barres, imprimantes de tickets de caisse... et produit des étiquettes alimentaires ou vestimentaires, avoue avoir "du mal à se projeter à plus d'une semaine", alors que, naguère, il planifiait tout un an à l'avance. Faire venir son matériel, qui arrivait de Chine, Taïwan, ou de Corée du Sud via le port d'Odessa, est devenu un enfer. "Quand la guerre a commencé, on avait six ou sept chargements en mer. Dans l'incapacité d'accoster à Odessa, ils ont poursuivi leur route vers des ports roumains Constanta ou grecs. Ensuite, nos partenaires n'ont pas été autorisés à décharger les containers ils n'avaient aucun contrat avec les entreprises locales, se remémore le jeune homme, au milieu du fracas des machines, dans une zone industrielle proche de la capitale. Pendant ce temps-là, le port nous appliquait des frais..." La société a, depuis, récupéré sa marchandise. Mais les difficultés continuent. Impossible de réserver un camion pour transporter une cargaison directement de Constanta à Kiev. "Les seuls véhicules disponibles vont jusqu'en Pologne ou en Slovaquie, avec d'innombrables stops, puis il faut en trouver d'autres pour aller à Kiev. Au lieu d'une action et d'un paiement, il y en a des dizaines... On perd beaucoup de temps et d'argent", soupire Artem. L'activité de Reef a baissé de moitié par rapport à son plan d'avant-guerre. Alors que près d'un tiers du marché ukrainien s'est effondré, la PME n'a désormais d'autre choix que de se tourner vers l'export. Le gouvernement semble conscient des difficultés des entreprises. "La moitié de notre PIB était liée aux exportations. Concernant celles de biens, dont les trois quarts partaient auparavant par la mer, elles ont presque été divisées par quatre à cause du blocus russe", pointait fin juin Taras Kachka, le vice-ministre de l'Economie. Or, même si, mouvement encourageant, des premiers cargos chargés de céréales ont pu quitter l'Ukraine, grâce à un accord international signé fin juillet, la voie maritime reste incertaine. Autre défi de taille, l'approvisionnement en carburant, poursuit ce responsable politique en charge du commerce extérieur, qui juge toutefois que le pays devrait échapper à une grave pénurie. "Ce qu'on a fait ces derniers mois est incroyable on a arrêté d'acheter à la Russie et à la Biélorussie, qui représentaient 87% de nos importations de diesel et d'essence. Et nous les importons maintenant d'ailleurs, via la logistique européenne", positive-t-il. Malgré la résilience de l'économie, le gouvernement dit perdre chaque mois entre 5 et 7 milliards de dollars. "C'est moins un problème de revenus que de hausse des dépenses militaires. Il faut payer les soldats, mais aussi verser des sommes importantes aux familles de ceux qui meurent au front", souligne l'économiste Hlib Vyshlinsky. En mai, les salaires des soldats atteignaient 60% des recettes budgétaires." Au vu de l'ampleur des investissements nécessaires pour la relance de l'activité et la reconstruction - évalués à 750 milliards de dollars par Kiev -, l'équation est insoluble sans l'aide internationale, qu'elles appellent de leurs voeux. S'il faut à tout prix trouver un effet positif à la guerre, c'est qu'elle a accéléré les mutations du pays qui était encore, voilà 31 ans une république soviétique à économie planifiée. "Nous sommes devenus plus agiles, c'est une réalité ! L'énergie de transformation était déjà là avant la guerre ; maintenant, elle est encore plus forte", s'enthousiasme Taras Kachka, le vice-ministre. "On a fait d'immenses progrès vers ce qu'est une société développée et civilisée", abonde Vitaly Sedler, le patron d'Intellias, persuadé que son pays sera "plus fort après la guerre". Cet article est issu de notre numéro spécial "Nous, les Ukrainiens", en kiosques le 24 août, en partenariat avec BFMTV. Les plus lus OpinionsLa chronique de Marion Van RenterghemPar Marion Van RenterghemLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain FortLa chronique du Pr Gilles PialouxPar le Pr Gilles PialouxLa chronique de Pierre AssoulinePierre Assouline Abonnez-vous Navigation principale Cinéma News Le cahier critique Sorties Cinéma Horaires et salles Prochainement Box-Office Photos Videos Dossiers Séries News Photos Vidéos Dossiers Toutes les séries TV News Photos Vidéos Dossiers Audiences Télé DVD / VOD News Photos Vidéos Bandes-Annonces People News Toutes les stars Photos Vidéos Dossiers Rechercher Accueil + L’Inconnu du Nord-Express Alfred Hitchcock est à l’honneur, ce soir sur Arte L’Inconnu du Nord-Express sera suivi d’Une femme disparaît. 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Je m'abonne J'achète le numéro Jeux concours NEWSLETTER Le Film étranger Basé sur un roman de Patricia Highsmith et, à l’origine, mis en forme par Raymond Chandler, Strangers on a train L’Inconnu du Nord-Express ne doit pourtant ses qualités qu’à Alfred Hitchcock. Après avoir écarté le travail de son scénariste, le réalisateur reprit les choses en main de manière magistrale, montrant une fois de plus de quoi il était capable, seul. Ce film réalisé avec maestria, d’une rigueur cinématographique absolue, est une des œuvres les plus populaires d’Hitchcock. Le champion de tennis Guy Haines pense que Bruno Anthony plaisante lorsqu’il lui propose un échange de meurtres. Pourtant, la machine infernale est déjà lancée et s’emballe, tourbillonnante. [Strangers on a train – Alfred Hitchcock 1951] Les deux films qu’Hitchcock tourna à Londres durant une parenthèse anglaise, Under Capricorn Les Amants du Capricorne, 1949 et Stage Fright Le Grand Alibi, 1950, connurent des échecs publics retentissants. En ce début des années 1950, le réalisateur devait rebondir à nouveau, comme il l’avait déjà fait au début des années 1930, après Waltzes from Vienna Le Chant du Danube, 1933, avec la remontée de The Man Who Knew Too Much L’Homme qui en savait trop, 1934, et comme il le fera encore une fois quand, à la fin de sa vie, il réalisera Frenzy 1973 après les échecs de Torn Curtain Le Rideau déchiré, 1966 et de Topaz L’Etau, 1969. En signant Strangers on a train, non seulement Hitchcock réalisa un rétablissement spectaculaire, mais surtout, il signa un des chefs-d’œuvre les plus caractéristiques de ses films noirs. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Les prémices du film Au début de l’année 1950, Hitchcock découvrit avec enthousiasme le premier roman de Patricia Highsmith 1921-1995 Strangers on a Train. Le livre comportait tous les éléments pour faire un Hitchcock » intrigue plus psychologique que policière, double meurtre, homosexualité latente des personnages. De l’œuvre de la romancière, il ne restera pourtant plus grand chose après que Raymond Chandler et Czenzi Ormonde eurent travaillé, sous l’égide du réalisateur, à l’écriture du scénario. A son habitude, Hitchcock imposa les scènes qu’il avait imaginées, et qui modifièrent l’histoire originale, faisant de Guy un joueur de tennis idée du double et de l’échange et supprimant la scène où, dans le roman Guy tue le père de Bruno. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Une idée en tête Lorsque Hitchcock choisit d’adapter le roman de Patricia Highsmith, il avait vraisemblablement déjà en tête une grande partie du résultat cinématographique qu’il comptait extraire de l’œuvre de la romancière. La première mouture du projet, sous la forme d’un synopsis, fut écrite par le réalisateur lui-même avec Whittield Cook en juin 1950. Restait à trouver quelqu’un capable d’en tirer un véritable scénario, comme l’expliquera plus tard Hitchcock Je me souviens de mon travail sur Strangers on a train. Je ne trouvais personne qui voulût collaborer avec moi. Tout le monde pensait que mon premier jet était à la fois si plat et si proche des faits qu’on n’y trouvait pas la moindre qualité. En réalité, tout le film était là, visuellement. » Suggéré par la Warner, le romancier Raymond Chandler 1888-1959 fut convié à se mettre à la tâche. Malgré ses qualités d’écrivain ou à cause d’elles, sa collaboration avec Hitchcock s’avéra désastreuse. Il supportait mal la méthode de travail du réalisateur, qui arrivait avec des idées visuelles en tête et qui les lui soumettait sans trop se soucier de cohérence narrative. Chandler, agacé, lança Hitchcock pense que lorsqu’on remue assez de vent et qu’on fait assez de bruit, personne ne vous demande ni où vous allez ni pourquoi », tout en reconnaissant pourtant que évidemment, c’est Hitchcock et il est vrai qu’un film d’Hitchcock a toujours quelque chose. » Finalement, leur travail ne put aboutir. Les deux versions du scénario remises par Chandler au milieu de l’été et à la fin de septembre ne convainquirent personne, pas même la production qui menaça de stopper là le film… Chandler fut remercié. Alfred Hitchcock et sa fille Patricia, sur le tournage de Strangers on a Train 1951 Le premier Jour de tournage, Hitchcock, superbe, laissa tomber le scénario de l’écrivain dans une corbeille à papier et déclara qu’il fallait recommencer à la page numéro 1 ». En toute hâte, il fit appel à Czenzi Ormonde qui, aidée de Barbara Keon, allait, en se basant sur la première mouture d’Hitchcock, réécrire le scénario, qui ne fut finalisé qu’un mois après le début du tournage. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Pendant ce temps, tout un travail commença avec les acteurs. Hitchcock fit tourner un bout d’essai à sa fille il le Jugea correct » et lui accorda le rôle de Barbara Morton, la sœur de la fiancée de Guy. Le personnage de Bruno demanda plus de travail. Avec son Interprète Robert Walker, un ami de la famille, le réalisateur mit au point tous les gestes du personnage qui devaient évoquer son homosexualité sans attirer les foudres de la censure. L’acteur travailla intensément le personnage de Bruno Anthony – et tout le monde s’accorda ensuite pour reconnaître la qualité de son interprétation. Seules les intrigues des studios empêchèrent une nomination aux oscars de Walker, qui connut un destin tragique. Il mourut quelques mois après la sortie de Strangers on a train, alors qu’il travaillait sur My Son John de Leo McCarey. Hitchcock accorda alors à McCarey le droit d’utiliser les bobines inutilisées de son propre film pour terminer My Son John. ON SET – Strangers on a train – Robert Walker, Alfred Hitchcock, Farley Granger 1951] Côté distribution Strangers on a train était le second film d’Hitchcock produit par la Warner Bros. Le réalisateur dut accepter une actrice en contrat avec le studio pour le premier rôle féminin, et il engagea Ruth Roman 1922-1999 à contrecœur. Il put en revanche faire appel à un ami de la famille pour jouer Bruno. Robert Walker 1918-1951, fatigué de jouer les gentils à la MGM, se lança corps et âme dans le rôle qui lui permit de devenir immortel quelques mois avant de mourir. Farley Granger né en 1925, après avoir incarné Phillip Morgan dans Rope La Corde, fit un Guy Haines idéal. Dans ces deux films, il jouait le rôle du jeune homme tourmenté à l’homosexualité latente, ce qui finit par nuire à sa carrière en le cataloguant trop nettement. Sans favoritisme, Patricia Hitchcock née en 1928 dut subir toutes les épreuves du casting pour obtenir son plus grand rôle dans un film de son père. Leo G. Carroll 1892-1972, un des seconds rôles favoris d’Hitchcock, avait déjà joué dans Rebecca, Suspicion Soupçon et The Paradine case Le Procès Paradine– il incarnera le Professeur dans North by Northwest La Mort aux trousses. Quant à Marion Lorne 1883-1968, comédienne de théâtre expérimentée, elle débutait au cinéma. Son interprétation parfaite de la mère de Bruno amena la touche d’humour quelque peu noire nécessaire au film. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne You know what ? I am the hero.» Comme nombre des films noirs américains des années 1940-1950, la photographie de Strangers on a train doit beaucoup au cinéma expressionniste allemand. Mais d’autres sources, plus étonnantes, inspirèrent Hitchcock. Le réalisateur, qui avait une idée bien précise de ce que devait être l’image de sa prochaine œuvre, fit en sorte que, tant son scénariste que son décorateur, soient informés de ses souhaits. Ainsi, il demanda à Raymond Chandler et à Edward S. Haworth de lire… Terry et les pirates ! La bande dessinée, très cinématographique il est vrai, de Milton Caniff constitua en effet une de ses sources d’inspiration. Elle ne fut pas la seule. C’est sans doute à la demande d’Hitchcock qu’Haworth se fit envoyer des reproductions de tableaux du peintre américain Edward Hopper 1882-1967. Le réalisateur fera de nouveau appel au style d’Hopper pour la réalisation de la maison de Bates dans Psycho Psychose, 1960. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Hitchcock fut également inspiré par une autre bande dessinée La famille Adams. La scène montrant Bruno immobile parmi les spectateurs d’un match de tennis s’inspirant d’un dessin de Charles Adams représentant, dans une salle de cinéma, un petit gnome ricanant devant le film alors que tous les autres spectateurs versent des larmes… Il avouera à Truffaut s’être aussi Inspiré de cette bande dessinée en concevant la scène du cymbaliste dans la seconde version de The Man Who Knew Too Much. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Face à l’aspect inquiétant du personnage, on peut être surpris d’apprendre que Bruno Anthony devait une bonne part de son caractère à… Droopy ! Comme le chien lymphatique de Tex Avery, Bruno est partout où on ne l’attend pas, et toujours le premier. Comme Droopy, il semble posséder un don d’ubiquité, qui lui permet de surprendre Guy au Jefferson Memorial, sur le court de tennis ou à la Mellon Gallery. C’est également le chien de Tex Avery qui conféra à Bruno son immobilité inquiétante, quand il observe Guy de loin comme lorsque Miriam le remarque pour la première fois à la fête foraine. Cette source d’inspiration burlesque pour un film noir souligne à quel point, pour Hitchcock, le rire sous-tend souvent le suspense le plus dramatique. Outre le scénariste et le décorateur, Robert Burks dut lui aussi se mettre au fait des intentions d’Hitchcock en matière d’inspiration visuelle. Alors spécialiste des effets spéciaux à la Warner Bros, il allait devenir le chef opérateur attitré d’Hitchcock durant des années, signant la photographie de tous ses films, Psycho excepté, entre 1950 et 1964. ON SET – Strangers on a train – Alfred Hitchcock et Farley Granger 1951] Du tournage au montage Le retard pris dans l’écriture du scénario n’empêcha pas l’équipe de démarrer le tournage en octobre. Les extérieurs furent réalisés dans des petites gares des États de New York et du Connecticut, ainsi qu’à Washington. Certains plans du tournoi de tennis furent tournés lors de la Coupe Davis opposant les Etats-Unis à l’Australie. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Bien que Ormonde art remis une version définitive du scénario à la fin du premier mois de tournage, certains éléments furent ajoutés à la dernière minute, et ce jusqu’à la semaine précédant la fin du tournage, qui eut lieu le 23 décembre 1951. Cette précipitation n’altéra guère la qualité du film. Seuls les dialogues pouvaient en pâtir, l’aspect visuel étant du seul ressort du réalisateur Hitchcock avait toutes les scènes du film en tête, parfois en plusieurs exemplaires. Il laissait une place à l’expérimentation au montage, après avoir tourné plusieurs versions d’une même scène. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Il en fut ainsi pour le match de tennis monté en alternance avec les plans de Bruno tentant de récupérer le briquet de Guy Hitchcock avait à sa disposition dix-huit bobines du match, qu’il n’avait pas le temps de visionner toutes ! Il réalisa donc plusieurs essais sur le papier. Dans le scénario de Chandler le match devait montrer l’instinct de tueur de Guy remontant à la surface. Hitchcock n’en tint pas compte, et préféra axer son montage sur le suspense de la scène. Il n’abandonna pas, cependant, l’idée du double et de l’échange, idée propre au tennis, mais également développée dans la rencontre Guy-Bruno, L’alternance des plans, de Guy sur son court à Bruno devant sa bouche d’égout, faisant des deux personnages les véritables protagonistes d’un match visuel doublé d’une course contre la montre. Ainsi, Guy reprend le dessus au tennis juste au moment où Bruno perd son briquet. Au final, la logique du match est rompue puisque les deux personnages sortent vainqueurs de leur épreuve. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne L’inconnu sort de l’ombre Ce n’est pas un hasard si, visuellement, Strangers on a train possède de nombreux points communs avec Shadow of a Doubt L’Ombre d’un doute réalisé dix ans auparavant perspectives fuyantes, présence inquiétante des ombres, image en noir et blanc alors que, dès 1948, Hitchcock filmait Rope en couleur. Les deux films possèdent de nombreuses thématiques communes, qui entraînèrent un traitement similaire, à commencer par l’idée du double. Bruno et Guy sont en quelque sorte les deux faces d’un même personnage, comme le sont les deux Charlie dans Shadow of a Doubt. Et comme dans ce film, les répétitions, les appariements foisonnent il y a deux épisodes de manège, deux filles à lunettes, deux pères symboles de la stabilité sociale l’un dans le grand commerce, l’autre dans la politique. STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne L’échange lui-même se dédouble dans le crime, plus prosaïquement ; mais aussi psychologiquement, dans l’influence de Bruno sur Guy. En amère-plan, l’homosexualité de Bruno tend à faire ressortir celle de Guy. Par ailleurs, l’instinct meurtrier du premier se diffuse petit à petit sur le second Si Guy est innocent du meurtre de Miriam, Il ne l’est pourtant pas du désir de le commettre. Cet échange est d’autant plus compréhensible pour le spectateur qu’Hitchcock fait tout pour que l’on s’identifie autant à Bruno qu’à Guy. C’est à ce personnage que va sa préférence, comme il le confirmera à Truffaut. Le réalisateur joue avec nos émotions dans un va-et-vient de Bruno à Guy et de Guy à Bruno, jusqu’à nous transformer, en quelque sorte, en une balle de tennis dans l’échange entre les deux protagonistes. Comme dans Shadow of a Doubt, le diable hante le film. La barque qui amène Bruno jusqu’au lieu du crime s’appelle Pluton – dieu de l’Enfer. Le chien qui garde la maison des Anthony évoque un cerbère – gardien de l’Enfer ; la demeure est donc infernale, et Guy va y vivre une véritable descente aux enfers… STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Les lois du suspense Le principal point d’achoppement sur lequel buta Chandler en travaillant avec Hitchcock était le manque de cohérence et de réalisme de l’histoire que le réalisateur mettait au point sous ses yeux. Truffaut. sans partager l’agacement de Chandler, faisait le même constat lorsqu’il disait à Hitchcock Il y a souvent dans vos films, et particulièrement dans Strangers on a train, non seulement des invraisemblances, non seulement des coïncidences, mais aussi une très grande part d’arbitraire, de choses injustifiées qui se transforment sur l’écran en autant de points forts par votre seule autorité et par une logique du spectacle tout à fait personnelle. » À cette remarque, le réalisateur répondait simplement Cette logique du spectacle, ce sont les lois du suspense. » STRANGERS ON A TRAIN – Alfred Hitchcock 1951 – Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne Paradoxalement, le manque de cohérence apparent de Strangers on a train constitue son point fort, Hitchcock joue avec nos émotions, et les émotions n’ont pas de logique rationnelle. Les invraisemblances dont parle Truffaut le sont peut-être d’un point de vue narratif, mais sûrement pas dans l’efficacité de l’effet qu’elles produisent. Le résultat le confirma brillamment. Sorti en mars 1951, Strangers on a train malgré quelques plaintes de personnes outrées par les connotations sexuelles du film et son meurtre explicite, connut un immense succès public. Hitchcock avait gagné son pari et retrouvé la confiance du public et des studios. Ce diaporama nécessite JavaScript. Le film en image Conversation entre deux inconnus Deux pieds, puis deux autres la caméra suit deux inconnus jusqu’à un train, en cachant leurs visages. Ce n’est que lorsque leurs pieds se rencontrent que les deux hommes se saluent. Bruno Anthony Robert Walker s’intéresse au célèbre joueur de tennis Guy Haines Farley Granger et semble tout savoir de sa vie. La théorie de l’échange de meurtres Guy dîne dans la cabine de Bruno. Ce dernier, très curieux de la vie de Guy qui veut divorcer de sa femme pour en épouser une autre, propose un échange de meurtres il tue la femme de Guy, et Guy tue le père de Bruno. Guy croit à une plaisanterie et quitte la cabine en oubliant son briquet. Bruno Qu’est-ce qu’une vie ou deux, Guy ? Certaines personnes valent mieux mortes ! Comme votre femme et mon père, par exemple… Oh, ça me rappelle la merveilleuse idée que j’ai eu une fois… elle m’est venue toute seule, en dormant la nuit sécurité totale. Maintenant, disons que vous, vous aimeriez vous débarrasser de votre femme… … Ecoutez ! C’est tellement simple, en plus deux types se rencontrent accidentellement, comme vous et moi ; aucun lien entre eux, et ils n’ont jamais été vus ensemble auparavant… chacun à un personne dont il aimerait être débarrassé… alors ils changent de meurtre ! … Chaque type exécute le meurtre de l’autre type, et aucune connexion entre eux ! Chacun a tué un parfait inconnu… comme si vous faites mon meurtre et que je fais le vôtre… De A à G Dès les premières minutes du film, Hitchcock nous habitue au briquet de Guy, qui jouera un si grand rôle dans l’histoire. A l’occasion d’un plan sur Bruno, il place habilement l’objet au premier plan. Les initiales du briquet A à G » peuvent se lire d’Ann à Guy, mais aussi d’Anthony à Guy. Quant au symbole des deux raquettes croisées, il résume à lui seul toute l’intrigue, qui est basée sur l’échange et le double. Le mot crisscross » entrecroiser reviendra à plusieurs reprises dans le film. Scène de ménage Guy descend du train à Metcalf et retrouve sa femme Miriam Laura Elliott. Ils doivent voir un avocat pour le divorce, mais, après avoir demandé de l’argent pour cela, Miriam annonce qu’elle refuse de divorcer et entend reprendre sa vie avec Guy, bien qu’elle porte l’enfant d’un autre. Une dispute s’engage. Myriam sous surveillance Excédé, Guy appelle sa fiancée Ann Morton Ruth Roman, lui annonce que Miriam refuse le divorce et qu’il pourrait l’étrangler ». De son côté, Bruno, se rend chez ses parents. Il a une altercation avec son père montrant la haine qu’il lui porte. Bruno se rend à Metcalf où il trouve Miriam, qui sort accompagnée de deux hommes, et la suit jusqu’à la fête foraine. Jeu de mains De même qu’en peinture deux couleurs mises côte à côte s’influencent réciproquement, l’enchaînement de deux images différentes donne à chacune d’elles une signification supplémentaire. Ainsi, les mains de Bruno, qui apparaissent en gros plan juste après que Guy eut crié qu’il voudrait bien tordre le cou de Miriam, se chargent d’un aspect effrayant. Un tel montage évoque aussi le lien qui unit Guy et Bruno les mains peuvent être prises dans un premier temps pour celles de Guy. Croûte expressive Collectionneur d’art, Hitchcock utilise ses connaissances en la matière pour donner plus de poids à ses œuvres. Les tableaux qui apparaissent dans ses films ne sont jamais là par hasard. Il demanda à son décorateur de s’inspirer du peintre expressionniste américain Abraham Rattner 1895-1978 pour réaliser le portrait peint par la mère de Bruno. Dans l’environnement bourgeois des Anthony où trônent portraits pompiers et scènes de genre, la force expressive de la toile apparaît dans toute sa violence, soulignant la folie de la mère et la haine de Bruno pour son père. Passage à l’acte A la fête foraine, Bruno fait, de loin, du charme à Miriam qui se prête aussitôt au jeu. Il suit les trois jeunes gens jusqu’à l’île magique, lieu isolé de rendez-vous des amoureux au milieu d’un lac. Là, il retrouve Miriam, l’aborde en s’assurant qu’elle est bien celle qu’il cherche et l’étrangle. Le tunnel d’amour Dès que Bruno se met à suivre Miriam, ses intentions meurtrières ne font aucun doute. Le suspense hitchcockien c’est presque un pléonasme ne repose pas sur la question Qu’est-ce qu’il va faire ? », mais Comment va-t-il le faire ? » et Quand va-t-il le faire? » Ici, Hitchcock joue avec nos nerfs en filmant des ombres inquiétantes suivies du cri de Miriam dans le tunnel sombre. Il crée ainsi la tension nécessaire pour que, lorsque le meurtre arrive finalement, de manière beaucoup plus anodine, la surprise soit cependant totale. Pince de homard Lorsqu’il rencontre Guy dans le train, Bruno porte une cravate ornée de homards dessinés par Hitchcock lui-même. La figure trouve une résonance inattendue au moment du meurtre la main de Bruno, déformée par les lunettes, devient démesurément grande et prend l’aspect d’une pince de homard. Le traitement du crime de cette façon détournée, vu dans l’intérieur du verre d’une paire de lunettes tombée sur le sol, est un magnifique moment de cinéma tel qu’Hitchcock savait les inventer. Il prépare en outre la suite du récit, en insistant sur les lunettes. Le meurtre de Miriam La scène du meurtre de Miriam ne dure que deux minutes, mais elle arrive après une longue séquence de séduction-poursuite à travers la fête foraine. La brièveté et l’efficacité de cette conclusion ont ainsi été minutieusement préparées par ce qui précède. Le crime a lieu sur l’île magique », au milieu d’un lac où se retrouvent les amoureux et à laquelle on parvient après avoir traversé le tunnel de l’amour ». Il est précédé par un jeu de séduction entre Bruno et Miriam comme souvent, Hitchcock crée un lien entre la pulsion meurtrière et la pulsion sexuelle. Dans le montage de la scène, le réalisateur utilise avec maestria deux éléments dés du film les lunettes et le briquet. Le premier permettra de doubler » ce meurtre par celui, symbolique, de Barbara ; le second résume à lui seul le thème du film et se trouve au centre du développement de l’intrigue. Un plan des lunettes au sol, ou un autre du briquet abandonné par terre, suffisent à donner toute sa puissance à la scène. 1 – Avant de rencontrer Bruno, Miriam s’amuse et rit le choc sera d’autant plus brutal. 2 – L’image du reflet de la flamme dans les lunettes sera reprise lors de la rencontre de Bruno et Barbara. 3 – Bruno attaque rapidement sa victime. Le meurtre ne durera que quelques secondes. 4 – Un insert nous montre les deux objets tombés à terre le briquet et les lunettes. 5 – Tout le meurtre est reflété dans les lunettes, ce qui accentue fortement son aspect irréel. 6 – L’image de Bruno se relevant seul après avoir tué sa victime est encore plus menaçante. 7 – Bruno récupère les lunettes de Miriam sans voir le briquet tombé à terre. 8 – Un plan fixe de quelques secondes montrant le briquet oublié suffit à nous faire craindre le pire. 9 – Le retour de Bruno ramassant finalement le briquet est vécu comme un soulagement. 10 – L’île peuplée d’amoureux accentue le parallélisme entre pulsion sexuelle et pulsion meurtrière. 11 – Les voix nous informent que Miriam a été découverte, sans qu’il soit nécessaire de le montrer. 12 – La scène se termine sur l’image désolée du lac vide et sombre évoquant la mort de Miriam. Complice involontaire Dans le train qui le ramène chez lui, Guy Haynes rencontre un professeur apparemment éméché. Lorsqu’il arrive à la porte de sa maison, un autre homme l’appelle. Il s’agit de Bruno qui, sereinement, lui annonce son crime et demande à Guy de réaliser sa part du marché ». Suspect numéro un Guy retrouve sa fiancée Ann Morton chez le père de celle-ci, un sénateur. Ils lui apprennent la mort de Miriam. La police, qui le soupçonne, demande à le voir. Guy donne le nom du professeur pour prouver qu’il n’était pas sur les lieux du crime, mais celui-ci ne se souvient de rien. Un certain Mr Anthony En visitant la Mellon Gallery avec Ann, Guy est accosté par Bruno. Il dit à Ann ne pas le connaître, mais celle-ci le reconnaît à son épingle de cravate marquée du prénom Bruno » quand, le lendemain, Bruno vient assister au match de Guy et échanger quelques politesses avec les amis d’Ann. Dans les lunettes de Barbara, le reflet d’un briquet allumé. Bruno C’est votre nom Miriam ? Démonstration Bruno continue à harceler Guy pour qu’il tue son père. Il s’invite à une soirée chez les Morton et, alors qu’il entend montrer à une vieille dame le meilleur moyen de tuer, il manque de l’étrangler réellement quand la vue de la sœur d’Ann lui rappelle le visage de Miriam. Guy avoue tout Après l’avoir frappé, puis aidé à remettre sa cravate, Guy renvoie Bruno chez lui. Il explique toute son histoire à Ann, qui a compris que le geste incontrôlé de Bruno était lié à la ressemblance de Miriam avec sa sœur, Barbara ce sont les lunettes qui ont créé le lien entre les deux femmes. Monumentalité A plusieurs reprises, Guy est surpris par l’apparition soudaine de Bruno qui l’observe, impassible. Cette présence inquiétante s’inspire du personnage de Droopy, le chien du dessin animé de Tex Avery. Ce lien est d’autant plus fort qu’Hitchcock accentue la démesure chère au dessinateur Bruno semble ridiculement petit à côté du monument. L’effet visuel est particulièrement frappant, et le réalisateur s’en souviendra en filmant la visite de Cary Grant à l’ONU dans North by Northwest Chez Bruno Guy parvient à tromper la vigilance des policiers qui continuent à le surveiller et pénètre, armé, dans la maison de Bruno. Il monte l’escalier et trouve la chambre du père. Croyant le réveiller pour lui expliquer le problème, il se rend compte que c’est Bruno qui occupe le lit. Bruno Je n’aime pas être doublé »…j’ai un meurtre sur la conscience …mais ce n’est pas le mien, monsieur Haines, c’est le vôtre ! Et puisque vous êtes le seul à en avoir profité, vous serez le seul à le payer ! La finale Ann tente d’expliquer la situation à la mère de Bruno, qui ne veut pas la comprendre. Bruno arrive et lui révèle qu’il possède le briquet de Guy, ce qui peut le compromettre. Plus tard, Ann dit tout à Guy, qui doit pourtant commencer à jouer un match de compétition. Match Bruno se rend à Metcalf avec l’intention de déposer le briquet sur les lieux du crime. Pendant ce temps, Guy joue un match de finale au tennis. Il doit gagner vite pour rejoindre Metcalf et trouver Bruno. Celui-ci est retardé, car il perd le briquet dans une bouche d’égout. Retour au parc d’attraction Guy gagne son match et part immédiatement pour Metcalf. Les policiers qui le suivent décident de le laisser aller et contactent leurs collègues de Metcalf pour qu’ils poursuivent la filature sur place. Pendant ce temps, Bruno attend la nuit pour déposer le briquet qui accusera Guy. Le manège s’emballe Guy, toujours suivi par des policiers, rejoint la fête foraine de Metcalf. Il rattrape Bruno sur le manège qui, lorsque la police tue le machiniste, s’emballe et se met à tourner à toute vitesse. Le guichetier de l’île magique qui a reconnu Bruno l’accuse, mais la police croit qu’il s’agit de Guy. Tout s’écroule Sur le manège dément, Guy et Bruno s’affrontent. Un machiniste courageux se glisse sous le manège pour arrêter la machine, ce qui provoque son explosion. Guy est innocenté par le guichetier et par le fait que Bruno, mourant, laisse apparaître son briquet dans sa main. Effets spéciaux – La fête foraine L’image de Strangers on a train est minutieusement travaillée dans un style qui n’est pas sans rappeler le cinéma expressionniste. Les effets visuels sont nombreux. Beaucoup ont demandé des moyens techniques spécifiques, souvent mis au point, si ce n’est inventés, pour les besoins du film. Dans le domaine des effets spéciaux, les scènes les plus spectaculaires sont celles de la fête foraine, à commencer par le meurtre de Miriam. Après que Bruno lui eut demandé si elle s’appelait bien Miriam, la caméra s’éloigne pour nous montrer l’étranglement reflété dans les lunettes de la victime tombées à terre. Autre épisode particulièrement élaboré en matière d’effets spéciaux, la scène finale sur le manège, quand Bruno et Guy s’affrontent sur la machine emballée qui finit par se briser dans une explosion, est tout à fait spectaculaire. Pour cette séquence, Hitchcock eut recours à plusieurs procédés un manège réel, des transparences et une maquette. Les transparences nécessitant d’être filmées selon un angle et un rythme très précis, et la construction du film demandant de nombreux plans différents, le tournage de la scène fut particulièrement laborieux, comme en témoigna le réalisateur La principale difficulté dons cette scène, c’était les transparences, car il fallait les incliner différemment selon chaque prise de vues ; à chaque changement d’angle, il fallait incliner également le projecteur de la transparence, car nous avions beaucoup de prises de vues en contre-plongée et l’on perdait beaucoup de temps à aligner les bords du cadrage, dans le viseur de la caméra, avec les bords de la transparence. » A cela s’ajoutait la difficulté de la synchronisation, car le défilement des images projetées doit suivre rigoureusement le rythme des prises de vues. Anonymat Guy se retrouve avec Ann dans un train. Un homme d’église, qui fume la pipe et lit le journal, lui demande cordialement s’il n’est pas Guy Haines. Il s’apprête à lui répondre, quand, se ravisant, il se lève, entraînant Ann, et s’éloigne sans mot dire… On ne l’y reprendra pas une deuxième fois ! Fiche technique du film

l inconnu du nord express affiche